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Musique classique et opéra par Classissima

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mardi 31 mai 2016


Classiquenews.com - Articles

19 mai

Festival de Gstaad 2016

Classiquenews.com - Articles GSTAAD, Festival (Suisse). 14 juillet – 3 septembre 2016. “Musique et famille”. Pour ses 60 ans, le festival à l’air pur propose 70 concerts en 2016… Cette année le festival estival suisse joue la carte des fratries et des familles musicales : qu’il s’agisse des compositeurs évoqués en “familles musiciennes, en dynasties enchanteresses”, ou des interprètes invités en 2016, place donc aux filiations directes, surtout frères et sœurs que la musique accompagnent leur vie durant dans la complicité et le partage artistique, … le festival 2016 selon le souhait de son directeur Christoph Müller (depuis 2002), met l’accent sur les complicités irrésistibles : ainsi les soeurs Khatia & Gvantsa Buniatishvili, Katia & Marielle Labèque…, les frères Kristjan et Neeme Järvi, la dynastie des clarinettistes Ottensamer, les frères Janoska … Fondé en 1957 par le violoniste légendaire Yehudi Menuhin dont 2016 marque le centenaire, le festival de Gstaad dans les Alpes Suisses sait accorder la splendeur des sites naturels à la passion des musiciens qui le font vivre chaque été. C’est selon le voeu de Yehudi Menuhin, une expérience unique au monde pour le public et les artistes acteurs, venus du monde entier jouer, partager, approfondir les œuvres autour de valeurs clés : exigence, amitié, détente… A l’été, 70 concerts résonneront jusqu’aux cimes enneigées : récitals, musique de chambre, concerts symphoniques, à l’église de Saanen ou sous la tente du festival, silhouette désormais emblématique de l’événement estival. Festival de Gstaad 2016… La musique en famille SCENE ORCHESTRALE. Aux côtés des programmes plus intimistes, d’ores et déjà les rendez vous orchestraux (établis depuis 1989) sont très attendus, offrandes exaltantes nées de l’entente entre les instrumentistes et leur chef …à forte personnalité. Pas moins de quatre grandes phalanges viendront à Gstaad en 2016: Giovanni Antonini & le Kammerorchester Basel, Valery Gergiev & le Marijnsky Theatre Orchestra St. Petersburg, Riccardo Chailly & le Filarmonica della Scala Milano, Gianandrea Noseda & le London Symphony Orchestra… Côté récitals de grands solistes, ou tempéraments à suivre absolument, ne manquez pas l’extrême sensibilité virtuose de Maria João Pires, Daniel Hope, Lang Lang, Gabriela Montero, Sir András Schiff, Patricia Kopatchinskaja, Sol Gabetta, Bryn Terfel, Anja Harteros, Fazil Say, Maxime Vengerov, Diane Damrau, Bertrand Chamayou, Renaud Capuçon, Philippe Jaroussky, Valery Sokolov, Didier Lockwood ou le geste incandescent et intérieur du Quatuor Ebène… TEMPS FORTS. Parmi les nombreux temps forts, soulignons entre autres, le concert du violoniste Daniel Hope, habitué de Gstaad comme de l’Oberland bernois, et surtout héritier et ancien élève de Yehudi Menuhin auquel il a rendu hommage dans un récent cd édité chez Deutsche Grammophon (“Daniel Hope… my tribute to Yehudi menuhin” : oeuvres de Mendelssohn, Reich, Vivaldi, Henze, Taverner, Elgar…)… son concert du 24 juillet reprend en partie les pièces jouées dans l’album discographique (avec l’Australian chamber orchestra). Parmi les autres hommages à Menuhin : Requiem de Mozart par Paul McCreesh (les 15 et 16 juillet), les 3 récitals d’Andras Schiff les 20, 23, 25 juillet), le concert de clôture “Happy Happy Birthday Yehudi” avec Gilles Apap, Valery Sokolov, Didier Lockwood… l’Orchestre Symphonique de Berne sous la direction de Kristjan Järvi (le 3 septembre)… Les amateurs de musique de chambre apprécieront en particulier le Gala Beethoven à deux (Maria Joao Pires et Sol Gabetta, le 17 juillet), Louis Schwizgebel-Wong (le 3 août), les soeurs Bunitaishvili (le 4 août), les membres du Quatuor Ebène (le 8 août : “Confidences d’Isis et d’Osiris”, Haydn, Debussy, Beethoven…), Bertrand Chamayou et la suite de son Projet Ravel (le 16 août) ; les chefs d’oeuvre viennois défendus par Isabelle Faust, Jean-Guilhen Queyras et Alexander Melnikov, le 26 août… Les festivaliers plus lyricophiles ou amateurs de beau chant ne manqueront pas entre autres : récital d’Arabella Steinbacher, le 28 juillet ; concert de lieder et mélodies de R. Strauss et Dvorak par Diana Damrau et Xavier de Maistre, le 14 août ; Philippe Jaroussky et son ensemble Artaserse le 25 août ; le Gala Opera (avec Anja Harteros, Bryn Terfel sous la direction de Gianandrea Noseda, le 28 août)… Le thème de la famille n’est pas seulement à Gstaad une affaire de musiciens ou d’instrumentistes ; il s’agit aussi d’évoquer les clans et dynasties de compositeurs. Ainsi, la Dynastie Bach (Jean Rondeau, le 18 juillet), la famille Mozart (Gabriela Montero, le 26 juillet)… et aussi un très intéressant programme (évoquant les Schumann et le jeune Brahms, si proches) : Clara, Robert et Johannes, les 22, 23 juillet, autre volet de la série “Musique et Famille”… ; sans omettre une évocation de la famille Mendelssohn (Katia Bunitaishvili, Renaud Capuçon, orchestre de chambre de Bâle, le 17 août)… PEDAGOGIE, TRANSMISSION… une expérience musicale unique à partager. Gstaad ce n’est pas seulement des têtes d’affiche exaltantes, à applaudir le temps d’un concert ; ce sont aussi surtout des tempéraments taillés pour la transmission et l’exercice pédagogique : d’ineffables moments de partage, d’apprentissage, d’explication et d’approfondissement, vécus entre maîtres et élèves. Gstaad, par la volonté de son fondateur Yehudi Menuhin dont l’intelligence pédagogique reste exemplaire, un modèle pour tous, enseigne ainsi à plusieurs profils de musiciens, dont les jeunes chefs qui demain seront les baguettes les plus convaincantes… Ainsi le concert des écoliers du Canton de Berne, entre 10 et 18 ans, appelés à travailler la 9ème Symphonie de Beethoven (Tente de Gstaad, le 2 septembre 2016), sans omettre les Académies du Festival (Gstaad String Academy, concert de clôture, le 15 août ; Gstaad Conducting Academy, le 17 août ; Gstaad Vocal Academy, concert de clôture, le 28 août ; Gstaad baroque Academy, Maurice Steger, concert de clôture le 3 septembre), comme les nombreux concerts pour les enfants et les familles (Beethoven4all, The Pumpernickel company, le 2 septembre). Musique de chambre, concert choral sacré, programmes symphoniques, sans omettre la voix comme les grands moments de partage et de dépassement, prolongements des séries pédagogiques, … toutes les musiques et les expériences musicales sont à vivre à Gstaad, cet été, en famille, dès le 14 juillet, et nul part ailleurs. Gstaad Menuhin Festival & Academy. “Musique et Famille” : du 14 juillet au 5 septembre 2016. Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site du Festival de Gstaad.

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23 mai

Avant toutes disparitions, Thomas Lebrun convoque les morts

Paris. Théâtre national de Chaillot. 18-V-2016. Thomas Lebrun : Avant toutes disparitions. Chorégraphie : Thomas Lebrun. Musiques : David Lang, Julia Wolfe, Michael Gordon, McKinney’s Cotton Pickers. Création musicale : Scanner. Lumières : Jean-Marc Serre. Costumes : Jeanne Guellaff. Scénographie : Thomas Lebrun. Son : Mélodie Souquet. Régie plateau : Xavier Carré. Avec Odile Azagury, Maxime Camo, Anthony Cazaux, Raphaël Cottin, Anne-Emmanuelle Deroo, Anne-Sophie Lancelin, Daniel Larrieu, Thomas Lebrun, Matthieu Patarozzi, Léa Scher, Yohann Têté, Julien-Henri Vu Van Dung.




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15 mai

Maurice Gendron, l’autre aristocrate des violoncellistes

L’ART DE MAURICE GENDRON. Œuvres de Johann Sebastian Bach (1685-1750), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Luigi Boccherini (1743-1805), Johannes Brahms (1833-1897), Frédéric Chopin (1810-1849), Claude Debussy (1862-1918), Antonín Dvořák (1841-1904), Manuel de Falla (1876-1946), Gabriel Fauré (1845-1924), Wilhelm Fitzenhagen (1848-1890), Jean Françaix (1912-1997), Enrique Granados (1867-1916), Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Joseph Haydn (1732-1809), Fritz Kreisler (1875-1962), Édouard Lalo (1823-1892), Olivier Messiaen (1908-1992), Moritz Moszkowski (1854-1925), Niccolò Paganini (1782-1840), David Popper (1843-1913), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Franz Schubert (1797-1828), Robert Schumann (1810-1856), Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893), Antonio Vivaldi (1678-1741). Maurice Gendron, violoncelle ; Yehudi Menuhin, Robert Masters, violon ; Cecil Aronowitz, Ernst Wallfisch, alto ; Hans Lang, Derek Simpson, violoncelle ; Marijke Smit Sibinga, clavecin ; Jean Françaix, Peter Gallion, Hephzibah Menuhin, piano. L’Orchestre de la Suisse Romande, direction : Ernest Ansermet. London Philharmonic Orchestra, direction : Karl Rankl, Bernard Haitink. London Symphony Orchestra, direction : Raymond Leppard. Wiener Symphoniker, direction : Christoph von Dohnányi. Orchestre des Concerts Lamoureux, direction : Pablo Casals. Orchestre National de l’Opéra de Monte-Carlo, direction : Roberto Benzi. 1 coffret de 14 CD Decca. Enregistré entre mars 1946 et novembre 1969 à l’Assembly Hall, Walthamstow ; la Maison de la Mutualité, la Schola Cantorum, Paris ; l’Alcazar, Monte-Carlo ; la Wapen van Eindhoven, Eindhoven ; la Klein Zaal, Concertgebouw, Amsterdam ; aux Decca Studios, West Hampstead ; Abbey Road Studio n°1, Londres ; Brent Town Hall, Wembley ; Théâtre, Vevey ; Victoria Hall, Genève ; Grosser Saal, Musikverein, Vienne. ADD [stéréo/mono]. Notices bilingues (français, anglais). Durée : 17 h 10’31.



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17 avril

GRENOBLE. Concert lecture : Proust et la musique au musée

GRENOBLE, musée. Jeudi 28 avril 2016. Concert lecture, Cabourg-Balbec… De Cabourg 1914 au temps retrouvé de Balbec : concert-lecture pour « Jouer avec les mots ». Les Concerts à l’Auditorium du Musée de Grenoble ont une série « Jouer avec les mots » qui lie musique et littérature. Le dernier du cycle 2015-2016 donne « la parole » à la comédienne Natacha Régnier, aux pianistes Marie-Josèphe Jude et Michel Béroff, pour une exploration proustienne du côté de Balbec, à l ‘ombre des jeunes filles en fleurs que va bientôt faner la Guerre Européenne. La communication des âmes « La musique a été l’une des plus grandes passions de ma vie. Elle m’a apporté des joies et des certitudes ineffables, la preuve qu’il existe autre chose que le néant auquel je me suis heurté partout ailleurs. Elle court comme un fil conducteur à travers toute mon œuvre. » Cette déclaration de Proust à Benoist-Méchin est capitale. Et elle répond –l’œuvre plus forte et objective que la vie « réelle » – à la question que se pose le Narrateur de la Recherche à l’audition du Septuor de Vinteuil : « Je me demandais si la musique n’est pas l’exemple de ce qu’aurait pu être – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées – la communication des âmes. » Les fervents et surtout les spécialistes de Proust savent à quel point il est difficile de démêler dans les écrits du Maître de Combray ce qui a été puisé au parcours même de l’enfant, puis adolescent, puis adulte Marcel Proust, et aux « transpositions » dans La Recherche du Temps Perdu, via – pour la musique, les arts visuels, la littérature, l’histoire sociale et politique – ce qui a pu servir de modèles aussitôt et savamment imbriqués, mélangés, voire brouillés. De Balbec à Cabourg « Jouer avec les mots » pour un concert-lecture comme le fait Musée en musique grenoblois s’achève – en sa saison 2015-2016 – en s’affrontant au Massif Alpin si impressionnant qu’est la Recherche. Le sous-titre de cet « essai » (repris de Journées Musicales Proust à Cabourg en 2014, et « depuis resté inédit ») mixe références et chronologies. « De Cabourg 1914 au temps retrouvé de Balbec »… Cabourg, c’est le site «dans la topographie vraie » pour l’imaginaire Balbec (A l’ombre des Jeunes Filles en fleurs, lieu des vacances du Narrateur adolescent avec sa Grand-mère, au bord de la Manche), et 1914 c’est bien sûr le début de la Grande Guerre, qui comme dira Paul Valéry, fait comprendre que « nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles ». Mais comme nous le rappelle la Société des Amis de Vinteuil, c’est aussi la date du dernier séjour de Proust à « Balbec », le passage de l’auteur de La Recherche – en voie d’élaboration – dans l’Edition qui l’avait d’abord refusé, et la disparition au combat de Bertrand de Fénelon (modèle de Robert de Saint Loup) et accidentellement, celle d’Alfred Agostinelli, ami de Marcel et probable Albertine dans le roman… Pages de guerre par Casella Cet « aspect 1914 » renvoie donc dans le Jouer avec les Mots grenoblois à des pièces musicales qui intrigueront les proustiens, celles que le compositeur italien Alfredo Casella( 1883 -1947) écrivit « à chaud », pendant le 1er conflit mondial : Pagine di guerra (Belgique, France, Alsace et Russie), ici en leur version pour deux pianos. Casella, qui fut dans sa jeunesse très parisien – élève de Fauré – et quasi avant-gardiste, retourna ensuite en Italie pour se rapprocher idéologiquement du fascisme et célébrer la « musique de naguère » (Vivaldi, Scarlatti…). Il ne figure certes pas dans La Recherche, mais sa présence ici « enrichit » le propos d’évocation entre vie et œuvre, faisant aussi penser aux dédicaces d’amis morts à la guerre que Ravel mit en exergue du Tombeau de Couperin, ou aux partitions très « engagées » (et très anti-allemandes) de Debussy. Faire constellation et apocalypse dans le ciel de Paris en guerre Proust, bien évidemment réformé pour raisons de santé, reste à Paris pendant la guerre, et inclut le « paysage » de la capitale parfois menacée par les raids de « Gothas » dans l’écriture proliférante et captatrice (« les nécessaires anneaux d’un beau style »)…, l’immense dernière partie de La Recherche, là où le Temps est Retrouvé. Ainsi en témoigne l’extraordinaire page où le Narrateur et son ami Robert de Saint-Loup (qui sera tué au front) échangent leurs impressions sur « un raid de zeppelins qu’ils avaient vu la veille », comme on eût parlé naguère de « quelque spectacle d’une grande beauté esthétique ». Et Saint-Loup, qui vient des combats et va y retourner, dit : « Je reconnais que c’est très beau, le moment où les avions montent, où ils vont faire constellation, et obéissent en cela à des lois tout aussi précises que celles qui régissent les constellations… Mais est-ce que tu n’aimes pas mieux le moment où ils font apocalypse, même les étoiles ne gardant plus leur place… ? Et ces sirènes, était-ce assez wagnérien, ce qui du reste était bien naturel pour saluer l’arrivée des Allemands…Dame, c’est que la musique des sirènes était d’un Chevauchée des Walkyries ! Il faut décidément l’arrivée des Allemands pour qu’on puisse entendre du Wagner à Paris . » Et plus loin, en promenade nocturne dans la capitale, le Narrateur voit le « vertige » qui prend le spectateur devant la beauté paradoxale : « ce n’était plus une mer étendue, mais une gradation verticale de bleus glaciers. Et les tours du Trocadéro qui semblaient si proches des degrés de turquoise devaient en être extrêmement éloignées, comme ces deux tours de certaines villes de Suisse qu’on croirait dans le lointain voisiner avec la pente des cimes. » Un transfert de Savoie en Normandie Et comme en bonne polyphonie, ces descriptions « au dessus de la mêlée » mêlent leur sublime décalé au cheminement de personnages « en dehors des lois », tel le baron de Charlus qui « trahit » sa caste nobiliaire française en affichant des sentiments germanophiles, tout en poursuivant ses amours d’ « inverti masochiste » au bordel de Jupien, traquant le violoniste Morel qui d’abord déserteur méritera la Croix de Guerre que son engagement tardif finit par lui valoir. Il en va de même pour les transpositions géographiques dont Proust est subtil adepte, et pas seulement à propos des « noms de lieux » – Illiers devenu l’universel Combray, ou Cabourg réintitulé Balbec… Ainsi en va-t-il d’un épisode du trajet– le premier Paris-« Balbec » -, où le train qui mène à une Normandie riveraine de la Manche traverse tout à coup un « paysage accidenté,abrupt » et s’arrête à une gare « entre deux montagnes, au fond de la gorge, au bord du torrent »… La réalité, c’est qu’il s’agit là d’une mémoire de voyage ferroviaire dans les Alpes de Haute-Savoie, où en 1903 Marcel avait accompagné sa mère qui allait en cure à Evian. C’est ici que surgit une « grande fille au visage plus rose que le ciel », qui propose du café au lait aux voyageurs , et auprès de qui vient au Narrateur « le goût d’un certain bonheur »(fugitif, bien sûr, le départ du train faisant brutalement « s’éloigner de l’aurore »)… En tout cas, n’est-ce pas à Grenoble qu’on goûterait le mieux un « transfert » de Savoie en Normandie, si la récitante venait à lire cette page enchantée… ? Wagner et ses longueurs insupportables Quant aux œuvres musicales dont ce « jouer avec les mots »(et les notes…) sera le texte et le prétexte, elles vont aussi bien puiser au presque-inédit ( ces pages de Casella dont il est bien hasardeux d’indiquer que Proust ait pu les connaitre) qu’à des citations bien plus…classiques dans le romantisme allemand. Et les proustiens de reprendre leur « Index des noms de personnes » dans les trois tomes de la Pléiade pour identifier allusions, voire citations de ce que les deux pianistes du concert vont jouer – en transcription – de Beethoven, Schumann et Wagner. Délicieuse promenade entre rives de Vinteuil- la Sonate et le Septuor -, opinions la plupart du temps ridicules des salonnards croisés par Swann puis le Narrateur (« Beethoven la barbe ! », dit Mme de Citri, et l’échange esthétique entre le duc de Guermantes – « Wagner, cela m’endort » et sa femme – « avec des longueurs insupportables Wagner avait du génie » -, comparaisons ou métaphores au cœur de la musique pour en mieux saisir l’essence et l’existence. Pour l’Ode à la Joie dans la IXe, point de référence précise, mais Beethoven est très présent dans la Recherche :la Symphonie Pastorale, et surtout les quatuors, dont on se rappelle que Proust se les faisait jouer à domicile, et qui nourrissent – entre autres – la substance du Septuor, cette œuvre de la plus audacieuse modernité d’alors qui emprunte aussi à Franck, Debussy et Ravel… Schumann, la petite phrase, la Sonate et le Septuor Schumann aussi figure dans La Recherche, et ici la transcription d’une partie du Quatuor avec piano op.47 fait écho à de nombreux « moments musicaux » chez le Poète des Scènes d’enfants, tel le « dénouement rapide des amours avec Albertine » apparenté à des Ballades( ?) de Schumann ou des nouvelles de Balzac…Mais encore davantage au destin « boche » du compositeur allemand en France pendant la Guerre, moqué en la personne devenue défaitiste de Charlus, et magnifié par le courage parisien du marquis- officier Saint-Loup, qui chante en allemand dans l’escalier du Narrateur un lied de Schumann pour braver le « patriotisme » cocardier des voisins. Où l’on retrouve donc le grand thème de la Guerre, qu’évidemment Wagner symbolise entre tous, après que sa « musique de l’avenir » ait été pour la génération proustienne le point de ralliement contre les conservatismes. On se rappelle que dans sa lettre à Lacretelle Proust cite pour la mystérieuse « petite phrase » de la Sonate écoutée par Swann et Odette non pas tellement une sonate de Saint-Saëns (« charmante mais enfin médiocre, d’un musicien que je n’aime pas ») que des références à Franck, Fauré, puis le prélude de Lohengrin et l’Enchantement du Vendredi-Saint (Parsifal)… Ici ce sera l’ouverture de Tannhaüser transcrite par Liszt. Les pianistes Marie-Josèphe Jude et Michel Béroff symbolisent, eux, les glorieuses générations de l’école pianistique française moderne , la comédienne-lectrice « contrepointant » avec eux le temps d’à « L’ombre des jeunes filles en fleurs » sur la jetée de Balbec, avant que « les désastres de la guerre »ne viennent faire sombrer ce monde, « à jamais »…. La moderne fille de Jethro On pourra être d’autant plus troublé par la présence de cette lectrice que Natacha Régnier la blonde (partenaire de la brune Elodie Bouchez pour la Vie rêvée des anges,le film de Zonca qui la révéla au grand public) n’est pas sans évoquer la « fille de Jethro, Zephora » retrouvée dans une fresque botticellienne de la Sixtine. Pour « l’ancêtre » du Narrateur, Swann, qui aime à voir l’imaginaire de la peinture s’incarner dans les créatures de la réalité vécue, Odette de Crécy « ne peut être » que cette Zephora « aux grands yeux, au délicat visage, aux boucles merveilleuses des cheveux le long des joues fatiguées ». Reportez-vous donc aux reproductions de Botticelli, et dites, lecteur-auditeur grenoblois, si nous errons par trop dans la remémoration et la transposition ! Ou si vous n’apercevez pas aussi un écho de la grande fille au « teint doré et rose » dans la gare haut-savoyarde, quand le train « éloigne de l’aurore » , à jamais, le Narrateur ébloui ? Jouer avec les mots, concert-lecture Proust/Beethoven, Schumann, Wagner, 19h30, jeudi 28 avril 2016,Auditorium- Musée de Grenoble. Natacha Régnier, récitante ; Marie-Josèphe Jude et Michel Béroff, pianistes. Renseignements et réservation : Tél.: 04 76 87 77 31 ; www.musee-en-musique.com LIRE aussi… Notre critique compte rendu du Livre cd Proust et la musique Notre dossier spécial : aux origines de la Sonate de Vinteuil, Proust et la musique

Jefopera

13 avril

L'opéra dans le monde, à travers quelques chiffres

Wiener StaatsoperEn me promenant dimanche sur le web, je suis tombé sur le site Operabase, qui compile des données statistiques sur les spectacles lyriques depuis de nombreuses années. Il recense ainsi plus de 385000 représentations sur la période allant de 1996 à 2014.  http://operabase.com/top.cgi?lang=fr  Je n’ai guère été surpris de découvrir l’Allemagne en tête de classement mais ne m’attendais pas à ce que la domination soit aussi écrasante.   Pour la seule saison 2013-2014, au cours de laquelle plus de 26 000 représentations ont été enregistrées dans le monde, l’Allemagne en comptabilise à elle seule 7 565, ce qui représente 29 % du total. Avec respectivement 1 920 et 1 811 spectacles, la Russie et les Etats-Unis viennent assez loin derrière, suivis par l’Italie (1 268) et la France (1 266). L’Autriche se classe sixième, avec 1 252 spectacles.  Afin de mesurer l’intérêt que porte une population à l’art lyrique, il faut toutefois affiner l’analyse en rapportant le nombre de représentations à celui des habitants. On s’aperçoit alors que l’Autriche prend nettement la tête du peloton, avec un ratio de 149 représentations par million d’habitants. Suivent deux petits pays, l’Estonie et la Suisse (respectivement 98 et 96 représentations), puis l’Allemagne, avec 92,5 spectacles et la République tchèque. L’Italie se classe 19ème (21 représentations) et la France vingtième (19). Les Etats-Unis et la Russie sont reléguées derrière.  Berlin, Vienne et Moscou sont les villes où l’on joue le plus d’opéras (respectivement 581, 556 et 539 au cours de la saison 2013/2014), suivies par Londres, Saint-Pétersbourg, Budapest et Paris.  Du côté des compositeurs, Verdi domine assez nettement le paysage : ses opéras ont été ainsi mis à l’affiche plus de 3 000 fois entre 2009 et 2014. Puccini (2 062), Mozart (2 012), Wagner (1 131) et Rossini (960) lui emboîtent le pas, suivis par Donizetti (896), Bizet (623), Richard Strauss (490), Tchaïkovsky (476) et Haendel (461).    Bizarrement, Rameau et Lully, que l’on joue régulièrement en France, apparaissent loin derrière des compositeurs que je n'attendais pas, comme Humperdinck, Lehar et Kalman (très populaires en Allemagne, ce qui explique le classement compte tenu du poids relatif de ce pays dans les calculs). Dans le registre contemporain, Glass, Heggie et Adams apparaissent comme les trois musiciens dont les œuvres sont le plus souvent mises à l'affiche.  Sans grande surprise, les opéras les plus populaires sont, dans l’ordre, La Traviata, Carmen, La Bohème, Tosca, La Flûte enchantée, Madame Butterfly, Le Barbier de Séville, Rigoletto, Les Noces de Figaro et Don Giovanni.   L’œuvre la plus jouée de Wagner est Le Vaisseau fantôme, mais elle n’occupe que la 24ème place. J’ai été un peu surpris aussi de ne trouver Norma qu’à la 44ème place et Fidelio à la cinquantième. Quant à nos chers Rameau, Lully et Charpentier, ils sont totalement absents du top 50. Plus de 1 000 compositeurs sont néanmoins à l'affiche, dont une part non négligeable de contemporains, ce qui est un signe révélateur de la bonne santé de l'art lyrique à travers le monde.

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